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(French) Quel avenir pour la Syrie?

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Joseph Yacoubteam

 
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Member: Sep-16-2016
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(French) Quel avenir pour la Syrie?

Sep-23-2020 at 03:39 AM (UTC+3 Nineveh, Assyria)

Les Syriens se sont rassemblés pour une manifestation anti-Assad devant les ruines d’un bâtiment de la province d’Idlib qui avait été touché lors d’un bombardement et orné du drapeau de l’opposition syrienne. OMAR HAJ KADOUR/AFP
Quel avenir pour la Syrie?
Le Figaro Vox. September 14, 2020.

Professeur honoraire en sciences politiques de l’Université catholique de Lyon, premier titulaire de la chaire UNESCO «Mémoire, cultures et interculturalité», Joseph Yacoub est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels: Qui s’en souviendra? 1915: le génocide assyro-chaldéo-syriaque, Cerf, 2014 ; Une diversité menacée. Les Chrétiens d’Orient face au nationalisme arabe et à l’islamisme, Ed. Salvator, 2018 ; Le Moyen-Orient Syriaque. La face méconnue des chrétiens d’Orient, Salvator, 2019.


On a célébré ces jours-ci le centenaire de la création du Liban, mais on a oublié que l’année 1920 vit aussi des transformations majeures en Syrie. En juillet, à la suite de la Conférence de San Remo (avril 1920), les troupes françaises du général Gouraud occupèrent Damas mettant fin au royaume arabe de Fayçal du Hedjaz, de la famille du chérif Hussein de la Mecque. Et ce fut le début du Mandat français (1920-1946), attribué par la Société des Nations (SDN).

Mais qu’est-ce que la Syrie et quelle est son identité?

Son histoire a été tumultueuse tout au long du XXè siècle et la question identitaire fut au cœur des débats et des coups d’État successifs. Malheureusement, ces tensions se sont considérablement aggravées depuis mars 2011. Ravagée par la guerre civile, le chaos et le désordre, fractionnée et émiettée, la Syrie de demain suscite de nombreuses interrogations, au point que l’on se demande ce qui peut la sauver.

Rappelons que c’est un berceau majeur de la civilisation et du christianisme, un bastion de l’histoire gréco-romaine, de la culture araméo-syriaque, de plusieurs Églises apostoliques et du monde arabo-musulman: autant d’éléments fondateurs de son tissu historique. Multiple par sa diversité, des strates de civilisation s’y succèdent, l’enveloppant de toutes parts, complémentaires dans leurs affluents. Les peuples y ont cohabité depuis des lustres et finirent pas se mêler et se métisser, pour fondre dans son récipient national.

“Le fait d’avoir mélangé Syrien et Arabe, sans définition rigoureuse et sans éclaircir suffisamment le lien avec l’islam politique, a conduit à mutiler son identité nationale et religieuse.”

Le pays a été décrit et chanté par les orientalistes: Volney, Lamartine, Ernest Renan, René Dussaud, le comte de Vogüé, le père jésuite Henri Lammens, le savant maronite libanais Philip Hitti… Maurice Barrès dira de Damas: «La plus vieille cité du monde qui n’a jamais cessé d’être habitée.», ou encore: «Résidence de la poésie, château de l’âme».

Lieu de rencontre, de passage et d’affrontements, la Syrie a été primitivement habitée par les Phéniciens et les Araméens qui l’ont fortement marqué. Porte de l’Orient et voie d’entrée en Asie, sa configuration géographique est déterminante, car elle permet de comprendre son histoire et l’attrait que ce pays exerça sur les conquérants.

Mais dans leur volonté d’arabisation à outrance, les différents gouvernements syriens se sont souvent montrés incapables de définir le terme Syrie et de voir le pays dans sa continuité historique, alors que le paysage, la toponymie et l’épigraphie sont là pour attester qu’il n’est pas plus musulman que chrétien, ni plus arabe qu’araméen. Or le fait d’avoir mélangé confusément Syrien et Arabe, sans définition rigoureuse et sans éclaircir suffisamment le lien avec l’islam politique, a conduit à mutiler son identité nationale et religieuse et brouillé le sentiment d’appartenance, ce qui a engendré des révoltes.

Visionnaire, le patriarche syriaque catholique, Mgr Ignace Ephrem II Rahmani, venu à Paris en 1919 exposer les revendications de ses compatriotes, défendait la nationalité syrienne qui diffère, répète-t-il, de celle de l’Arabie, et rejetait par conséquent le gouvernement arabe chérifien sur la Syrie, arguant que «le Hedjaz n’a rien à voir avec la Syrie» (déclaration au quotidien Le Gaulois, 16-8-1919).

Aussi, par souci d’apaisement, de reconnaissance et d’intégration, est-il important de traiter les différentes composantes de la population comme des éléments intrinsèques du tissu national, sans distinction. Cela implique d’aborder l’histoire sans passion et sans préjugés, loin des intérêts politiques partisans.

Il faut dire aussi que cette histoire a été longtemps négligée. Pourtant, son esprit transparaît à travers sa littérature. Lors de la conquête gréco-romaine, qui dura presque un millénaire, la Syrie a été capable de grandes choses et donna d’illustres et talentueuses personnalités de renom mondial. Durant cette longue période, l’élite fut séduite par le grec qui devint un idiome universel en Orient et influença, à son tour, l’araméen, qui ne disparut pas pour autant. Cela dit, le pays n’a pas été soumis. Le romancier Jamblique d’Emèse (2è siècle), au fait de sa langue indigène et des coutumes locales, se dit qu’il est Syrien de père et de mère, et qu’il apprit le grec plus tard.

Donnons-en un aperçu.

Le pays acquit une célébrité notamment par ses écoles philosophiques et juridiques, ses rhéteurs et sophistes, et dans le domaine de l’histoire. Philosophe stoïcien et fondateur d’école, né à Apamée, l’enseignement de Posidonios a attiré Cicéron. À l’origine d’une œuvre en grec, prolifique et richement variée, Julien, originaire de Samosate, se désigne lui-même comme syrien. La ville de Samosate donna aussi Mara de Serapion.

Les deux éminents jurisconsultes Papinien et Ulpien étaient enseignés à la célèbre école de droit romain de Beyrouth. La Syrie donna aussi un philosophe d’envergure Jamblique (Iamblicus), qui enseigna la philosophie à l’école d’Apamée. D’autres ont commenté Platon et Aristote.

On remarque que des maîtres païens et chrétiens s’y côtoyaient. Cité cosmopolite, Antioche donna Libanios qui eut comme élève le chrétien Jean Chrysostome. Natif d’Antioche, l’historien Ammien Marcellin, lui, écrivit en latin son Histoire romaine ; il remarque que plusieurs syriens adoptent des noms helléniques, sans perdre leur appellation primitive et syrienne.

La ville d’Emèse sur l’Oronte (Homs aujourd’hui), donna des empereurs à Rome et des papes. À l’origine des premières liturgies, la Syrie envoya plusieurs évêques au concile de Nicée (325). Elle se place aussi au cœur des discussions qui ont entraîné des oppositions et des controverses christologiques et théologiques, ainsi que des «hérésies»: qui furent autant de champs d’affrontements confessionnels et de débats d’idées. Edesse fut un centre de la renaissance araméenne et donna Bardesane. A la même période, Tatien écrivait en grec et en araméen.

Les dirigeants syriens sont-ils passés à côté de l’héritage de leur pays? Quelle que soit la forme que prendra l’État syrien de demain, il convient de modifier la Constitution qui souffre d’un excès de nationalisme arabe, afin d’y incorporer la civilisation syrienne dans son ensemble, en ajoutant la langue araméo-syriaque, au même titre que l’arabe.

Cela devrait s’accompagner d’une nouvelle vision de l’histoire, ce qui implique une révision des programmes de l’enseignement, en y insérant l’héritage syrien de l’époque gréco-romaine -certes avec un regard critique - et le christianisme oriental, au même titre que l’islam.

Ces réformes demandent cependant un travail sur les mentalités, et un réexamen des traditions et des représentations collectives qui impliquent d’interroger l’imaginaire dominant afin de le libérer de ce qui l’entrave.

Ce pays sera-t-il à la mesure d’une vision à long terme et d’une quête d’authenticité? Apprendra-t-on de cette douloureuse expérience?

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Assyria \ã-'sir-é-ä\ n (1998)   1:  an ancient empire of Ashur   2:  a democratic state in Bet-Nahren, Assyria (northern Iraq, northwestern Iran, southeastern Turkey and eastern Syria.)   3:  a democratic state that fosters the social and political rights to all of its inhabitants irrespective of their religion, race, or gender   4:  a democratic state that believes in the freedom of religion, conscience, language, education and culture in faithfulness to the principles of the United Nations Charter — Atour synonym

Ethnicity, Religion, Language
» Israeli, Jewish, Hebrew
» Assyrian, Christian, Aramaic
» Saudi Arabian, Muslim, Arabic
Assyrian \ã-'sir-é-an\ adj or n (1998)   1:  descendants of the ancient empire of Ashur   2:  the Assyrians, although representing but one single nation as the direct heirs of the ancient Assyrian Empire, are now doctrinally divided, inter sese, into five principle ecclesiastically designated religious sects with their corresponding hierarchies and distinct church governments, namely, Church of the East, Chaldean, Maronite, Syriac Orthodox and Syriac Catholic.  These formal divisions had their origin in the 5th century of the Christian Era.  No one can coherently understand the Assyrians as a whole until he can distinguish that which is religion or church from that which is nation -- a matter which is particularly difficult for the people from the western world to understand; for in the East, by force of circumstances beyond their control, religion has been made, from time immemorial, virtually into a criterion of nationality.   3:  the Assyrians have been referred to as Aramaean, Aramaye, Ashuraya, Ashureen, Ashuri, Ashuroyo, Assyrio-Chaldean, Aturaya, Chaldean, Chaldo, ChaldoAssyrian, ChaldoAssyrio, Jacobite, Kaldany, Kaldu, Kasdu, Malabar, Maronite, Maronaya, Nestorian, Nestornaye, Oromoye, Suraya, Syriac, Syrian, Syriani, Suryoye, Suryoyo and Telkeffee. — Assyrianism verb

Aramaic \ar-é-'máik\ n (1998)   1:  a Semitic language which became the lingua franca of the Middle East during the ancient Assyrian empire.   2:  has been referred to as Neo-Aramaic, Neo-Syriac, Classical Syriac, Syriac, Suryoyo, Swadaya and Turoyo.

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